Un marché en progression

Le marché français des cosmétiques bio, qui pèse aujourd’hui près de 350 millions d’euros, poursuit sa croissance à un rythme soutenu (25 % par an en moyenne entre 2005 et 2009) profitant du développement de la consommation écologique et responsable. Il progresse de 25 % chaque année depuis 2005 et devrait passer le cap des 500 millions d’euros en 2015. Si les cosmétiques bio ne représentent que 2% en part de marché des cosmétiques (3.3 % estimés en 2015), la France conforte sa 2ème position sur le marché européen, après l’Allemagne.

Nouveaux acteurs

Le marché avance aussi vers une bipolarisation et une offre différenciée selon la cible : d’un côté des marques conservatrices vendues en magasin spécialisé à l’attention des consommateurs historiques et de l’autre côté, des produits démocratisés et accessibles en grandes et moyennes surfaces pour les nouveaux consommateurs.

Si l’offre a longtemps été dominée par des PME pionnières et engagées, ces dernières ont été rejointes par plusieurs types d’acteurs : de nouvelles marques 100% bio, des marques de distributeurs et des marques historiquement conventionnelles proposant des gammes bio.

Un impératif pour les marques bio : des choix stratégiques clairs

Dans ce contexte, trois grands défis sont à relever pour les marques bio :

  • Choisir un positionnement différenciant par le produit, la marque et la distribution,
  • Démontrer aux consommateurs la sincérité et la cohérence de la démarche bio tout en rassurant – surtout les néophytes – sur l’efficacité des produits,
  • Construire un univers de marque attrayant, répondant aux attentes des consommateurs en termes de bénéfices intangibles, soulignant en particulier la « part de rêve » véhiculée par les produits.

Les bénéfices de la cosmétique bio pour le consommateur

  • Le respect de l’Homme : outre l’absence de matières premières pouvant comporter des substances chimiques et polluantes (pesticides, engrais chimiques de synthèse, OGM…) qui, à long terme peuvent s’avérer néfastes pour notre corps et pour l’environnement, le produit cosmétique conforme au référentiel de la cosmétique écologique et biologique est riche en actifs d’origine naturelle qui montrent une réelle affinité avec notre peau.
  • La traçabilité : il n’est pas toujours aisé de comprendre la composition exacte d’un produit cosmétique conventionnel et d’identifier la provenance ou le pourcentage des matières premières qui le composent. La cosmétologie biologique est aujourd’hui contrôlée par des organismes indépendants tels qu’Ecocert ou Qualité France. Ceci permet de garantir une traçabilité exemplaire des ingrédients ou des processus de fabrication ou des produits finis.
  • La sauvegarde de l’environnement : l’agriculture biologique est un mode de production qui respecte par définition la biodiversité et les équilibres naturels. En soutenant activement cette pratique agricole au travers de vos choix vous agissez en faveur de la reconquête de la qualité de l’eau, des sols et de l’air.
  • La richesse des produits bio : la nature nous offre un panel très diversifié d’ingrédients. Chaque ingrédient, qu’il soit d’origine végétale ou minérale, a des propriétés bien définies. Cette diversité naturelle favorise la création de larges gammes de produits efficaces, très naturels et sains.

Ou trouver et comment identifier les produits cosmétiques bio ?

Après avoir été limité aux magasins spécialisés, la bio est entrée dans les parapharmacies et les grandes surfaces (GMS) : désormais les français y côtoient des marques connues, déclinée en version bio. La démocratisation de l’accès aux produits de soins et d’hygiène bio a permis en 2010 à 26 % des français d’acheter au moins un cosmétique bio

Les produits cosmétiques bio sont aujourd’hui disponibles dans de nombreux circuits de distribution:

  • Magasins spécialisés en produits biologiques
  • Parapharmacies et pharmacies
  • Instituts de beauté
  • Vente sur internet / Vente par correspondance
  • Grande distribution
  • Parfumerie sélective

Les logos BIO et ECO sont destinés à faciliter la reconnaissance de ces produits cosmétiques dans les points de vente. Ces logos sont un gage de la qualité écologique et biologique du produit et du respect de la Charte Cosmébio par l’entreprise. Tout produit labellisé BIO ou ECO a fait l’objet d’un contrôle par un organisme de certification indépendant (Ecocert Greenlife ou Qualité France) selon le cahier des charges des cosmétiques écologiques et biologiques. De ce fait, le pourcentage d’ingrédients d’origine naturelle et le pourcentage d’ingrédients issus de l’agriculture biologique sont clairement indiqués au dos du produit. Plus d’info sur les labels cosmétiques bio

Le rôle de tout produit cosmétique est d’apporter de la graisse et de l’eau pour constituer le film hydrolipidique qui garantit une belle peau. La base de chaque cosmétique appelée excipient se résume à la formule invariable: eau+ huile+ émulsifiant. Lorsque ces trois ingrédients sont de qualité, comme c’est le cas pour les cosmétiques labellisés Cosmébio ou BDIH, par exemple, on dispose déjà d’un produit efficace.

En effet, les huiles, les cires contiennent dans leur partie insaponifiable des principes actifs qui fixent l’eau et favorisent l’absorption des autres principes actifs. On considère qu’un excipient de qualité permet d’atteindre 80% de la performance recherchée. Donc, certains excipients sont une mine de principes actifs alors que d’autres n’apportent rien à la peau (ceux issus de la pétrochimie ou de la synthèse).

Les agents hydratants

  • La glycérine, issue de la saponification des huiles est très performante sur la peau. Mais elle coûte très cher.
  • L’acide hyaluronique : s’intègre à la couche cornée de la peau et retient l’eau, ce qui explique son effet lissant, raffermissant, assouplissant. Son prix est très élevé, d’où son faible pourcentage dans les produits. Mais il faut un dosage suffisant pour conduire à unehydratation significative de la peau. D’autre part, la diminution de la production de cet acide avec l’âge ne peut être compensée par des produits de soin car cet acide ne peut pénétrer la peau. Il se pose comme un film. Il est obtenu par des procédés biotechnologiques.
  • L’urée : même efficacité que celle de la glycérine. A partir de 3%, l’effet est notoire et elle se trouve dans la 1ère moitié de la liste déclarative INCI. Au-delà de 5%, l’hydratation est importante.
  • Les protéines : les acides aminés fixent bien l’eau et aident la peau à se constituer une protection hydratante contre le dessèchement.

Les plantes

Leur fabrication est tout un art et un savoir-faire hérité de la phytothérapie. C’est la marque de fabrique de la cosmétique naturelle. On les trouve en cosmétique sous forme :

  • D’extraits. par exemple l’aloe vera est très performant sur les peaux sèches et abîmées. L’extrait de houblon détend et apaise la peau. Celui de ginkgo, la raffermit et la tonifie. Le calendula agit sur les peaux sèches, la camomille calme les irritations, la rose est indispensable aux peaux mâtures, le ginsengrenforce l’irrigation sanguine de la peau…
  • D’huiles. certaines plantes « phare » sont utilisées à la fois comme excipient et pour leur richesse en principes actifs : le beurre de karité a un taux d’insaponifiables de 15% alors que les huiles n’en contiennent que 1 à 2%. L’huile d’avocat est bien placée avec un taux de 6%. Les huiles de jojoba et d’argan sont à la mode, mais elles le méritent de par leur efficacité sur les peaux vieillissantes.
  • D’huiles essentielles : 100% pures et naturelles, le plus souvent biologiques. Grâce à leurs multiples propriétés et leur concentration, elles sont des agents actifs très puissants.

Les principes actifs sur lesquels communiquent les marques représentent souvent un infime pourcentage du total de la composition, de l’ordre du 0,01%… L’excipient n’apporte guère d’agents actifs étant donné l’origine des ingrédients. Les extraits de plantes proviennent de l’agriculture intensive. Vitamines, huiles essentielles, allantoïne par exemple sont le plus souvent d’origine synthétique. Des substances telles le collagène, l’élastine sont d’origine animale.

Toutes ces substances, le plus souvent peu coûteuses n’ont évidemment pas la même qualité que celles des cosmétiques certifiés écologiques et biologiques. Dans la déclaration INCI, on cite par ordre décroissant les composants du produit. Les ingrédients principaux se trouvent au début (de 4 à 8).

Les substances représentant moins de 1% sont énumérées dans le désordre. Si l’on compare 2 cosmétiques d’origine différente, sans même tenir compte des certifications et des labels, une lecture attentive de la liste INCI nous renseigne très vite de la qualité des substances employées.

  

Sources: SynabioCosmébioBiolinéaires, Deloitte