Critères et motivations du consommateur bio

16 octobre 2017

Dans la lignée de nos publications sur la génèse et l’essor du marché de la Bio, nous poursuivons notre synthèse de l’e-book intitulé état des lieux sur l’alimentation bio et durable, paru en janvier 2017. Cette analyse basée sur le témoignage de 36 co-auteurs (scientifiques, experts et professionnels, dirigée par Sonia Eyaan, développe en troisième lieu la thématique de la consommation bio. Quels en sont les ressorts ? Quelles motivations profondes animent le consommateur ? Pouvons-nous parler d’intimes convictions et de bases solide pour un marché en pleine croissance ?

Consommer bio : un principe de précaution

La croissance de la consommation bio n’est plus à démontrer. En 2015, le baromètre de l’Agence Bio a établi à 5,5 milliards d’euros son chiffre d’affaires global HT. En 2016, la barre des 7 milliards a été franchie, soit 7 fois plus qu’en 2002. Le terme « engouement » peut sans doute être employé, mais avec une nuance de taille. En effet, la croissance bio révèle en creux une perte de confiance dans les produits conventionnels, qui fait figure de « motivation principale ».

Protection des enfants et santé personnelle

Les moins convaincus parmi les consommateurs de bio s’inscrivent uniquement dans une démarche personnelle : préserver leur santé et celle de leur progéniture. 89% d’entre eux estiment qu’ils sont bons pour la santé, renforcés dans leur conviction par de récentes conclusions du CNA sur les composés contenus dans les aliments bios. Ces éléments, bien que limités, sont confrontés à des études plus abouties (et de plus en plus nombreuses) sur les dangers potentiels de l’alimentation industrielle. Dans un climat d’incertitude et de défiance, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à appliquer un principe de précaution, au bénéfice de leur santé et de celle de leur progéniture. Les habitudes de consommation bio apparaissent d’ailleurs généralement à la naissance du premier enfant.

Goût, art de vivre et harmonie avec la nature

Pour les consommateurs bio les plus convaincus, ce choix s’impose non seulement en matière de santé, mais également comme composante d’une philosophie et d’un mode de vie durable. Ces derniers se nourrissent différemment (plus de végétaux, moins de sucre…) et recherchent les saveurs oubliées depuis le développement de l’agriculture industrielle et des techniques hors sol. Ce n’est pas tout. Leurs actes d’achat dénotent une recherche de cohérence, voire une dimension militante : protection de l’environnement (biodiversité, pollinisateurs, fertilité…) et développement des filières et emplois locaux.

La Bio est-elle réservée aux plus aisés ?

Comment parler de consommation bio sans évoquer la problématique du pouvoir d’achat. A ce titre, le célèbre argument biosceptique « Le bio c’est pour les riches », n’est pas totalement infondé, mais pour le moins simpliste. Certes, l’écart de prix entre bio et conventionnel est une réalité, qui plus est instable. Néanmoins, une étude Nutrinet a démontré que les consommateurs de produits bios ne disposent pas, en moyenne, de revenus supérieurs au reste de la population. Ce double constat éclaire le vrai débat : il n’est pas tant question de savoir si la bio pourra, à terme, nourrir une grande majorité de Français, mais de voir comment se crée, aujourd’hui, le cadre d’une consommation régulière et abordable. D’une part, les consommateurs revoient leurs priorités et adaptent leur mode de consommation (anti-gaspillage, slowfood…). D’autre part, à l’instar des producteurs, ils testent de nouvelles formules, comme le montre l’émergence des supermarchés collaboratifs et participatifs, qui rendent possible une alimentation bio abordable.

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