Un marché français qui devrait doubler d’ici 2012

La France accuse un retard important en matière de compléments alimentaires, avec un marché évalué à 1 milliard d’euros. « Un Français consomme en moyenne 15 euros de compléments alimentaires par an, alors que son voisin allemand ou britannique va en acheter pour 45 euros par an », explique un responsable de Synadiet, qui regroupe les principaux fabricants. Aux Etats-Unis, on trouve même des cocktails de vitamines sous forme de bidons d’un kilo !

La réglementation, récemment assouplie, a longtemps freiné le développement du marché. Grâce à une harmonisation européenne, une plante autorisée dans un pays de l’Union Européenne peut désormais être utilisée dans un autre pays membre.

Selon une étude de Synadiet, pour la première fois depuis 2008, le marché des compléments alimentaires français a connu une croissance de +2,27% par rapport à 2010 en atteignant un chiffre d’affaires de 991 M€ (sorties consommateurs). Tous les indicateurs des circuits sont passés au vert, excepté pour les parapharmacies : les évolutions sont comprises entre 1% de croissance pour les magasins spécialisés et les GMS (Grandes et Moyennes Surfaces), 3% pour la vente à distance et 3,9% pour les pharmacies. La pharmacie reste le premier circuit de vente de compléments alimentaires en France, représentant 60% du poids total.

Les circuits de distribution

La pharmacie et les magasins spécialisés sont les principaux vecteurs de distribution des compléments alimentaires. Sur ce genre de produits, les clientes ont encore besoin de conseils.

D’ailleurs, leur part de marché en valeur (voir graphique ci-dessous) se renforce : elles affichent une évolution de +22% en 2006, soit 7 points de plus que la moyenne du marché. Les parapharmacies tirent également leur épingle du jeu, avec une hausse de 9%.

Avec une baisse de 2% en valeur, les grandes surfaces ne parviennent pas à profiter de la hausse de la consommation. »Les hypers se concentrent sur les produits peu sophistiqués, comme les polyvitamines, qui sont moins dans la tendance », explique le président de Synadiet. « De plus, les produits sont éclatés en deux endroits différents : les produits beauté (solaire, peau, etc.) au rayon hygiène/santé, et les produits minceur et forme au rayon diététique ».

Face à toutes les nouveaux produits alimentaires bio ou minceur, les gélules et autres comprimés ne font pas le poids. Le linéaire consacré aux compléments alimentaires aurait ainsi diminué de 32% en un an, selon le magazine spécialisé LSA, chaque marque ne disposant que de 1,33 m de rayon en moyenne.

Des attentes différentes selon les circuits de distribution

Les attentes des consommateurs sont différents en magasins spécialisés , en pharmacie et en grande surface et en pharmacie. Certains producteurs préfèrent garder deux marques distinctes pour chaque circuit de distribution. Les packs minceur, les carrés digestion ou les comprimés vitalité trouveront ainsi leur place en rayon diététique des supermarchés, alors que les gélules pour les articulations ou la ménopause se vendent en pharmacie sous les nom Ortis et Pléniday. Les peuvent aussi varier d’un circuit de distribution à l’autre.

L’ouverture de l’automédication aux grandes surfaces pourrait relancer les ventes. « Elle créerait du trafic au rayon parapharmacie » se réjouit Christelle Chapteuil. Avec notamment un rayon dédié tenu par un pharmacien conseil, élément clé dans l’acte d’achat.

Quand à la vente sur Internet, il s’agit d’un véritable créneau porteur  pour l’avenir. Aujourd’hui, 14% des compléments alimentaires sont vendus par correspondance.

Les consommateurs de compléments alimentaires

Les consommateurs types de compléments alimentaires sont principalement des femmes (22% des femmes consomment des compléments alimentaires  contre 8% chez les hommes), ont plutôt entre 18 et 24 ans (20% de cette tranche d’âge consomme des compléments alimentaires) et font partie de la catégorie socioprofessionnelle des artisans/commerçants/chef d’entreprises (23% des consommateurs).

Quant à la motivation, la plupart des consommateurs de compléments alimentaires cherchent à améliorer leur bien-être, tant physique que psychologique.

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Sources: SYNADIET, CREDOC