L’impact du covid-19 sur la distribution bio

14 mai 2020

Touchés de plein fouet par la crise sanitaire de ce début d’année 2020, les acteurs de la distribution ont dû logiquement s’adapter pour y faire face et continuer à fonctionner en prenant en compte les contraintes mises en place. Approvisionnement, canaux de vente (magasins physiques et en ligne), fréquentation…Natexbio fait le point sur l’impact du covid-19 dans le secteur de la distribution bio.

Comment la crise sanitaire a impacté le marché de la distribution bio ?

Des changements d’approvisionnement

Le covid-19 a modifié les moyens d’approvisionnement des répondants suite à une enquête menée auprès d‘un panel de 150 magasins, enseignes et groupements du secteur de la bio. Près de 83% ont ainsi déclaré avoir effectué des modifications par rapport à leur fonctionnement habituel, avec le recours à de nouveaux fournisseurs (producteurs et transformateurs bio). Un tiers des magasins ont fait appel à de nouveaux fournisseurs du secteur agricole bio, et 12% ont fait le choix de l’approvisionnement local pour remplir les rayons de leurs enseignes. Seulement 4% ont eu recours à de nouveaux grossistes.

Une fréquentation logiquement en baisse, mais un panier moyen en hausse

Le confinement mis en place fin mars a eu logiquement un effet sur la fréquentation des magasins bio. 85% des magasins ont ainsi déclaré avoir observé une baisse des visites. Néanmoins, celles-ci génèrent davantage de ventes, avec un panier moyen en hausse de 55% s’élevant à 110 euros. Les magasins ont également remarqué une hausse de la proportion de nouveaux clients.

Les produits de grande consommation en tête des ventes

Pendant la période du confinement, les clients ont majoritairement acheté des produits de grande consommation, générant une hausse de 18% du chiffre d’affaires. Cela représente une augmentation de 17% en volume, avec principalement les fruits et légumes, produits frais, produits alimentaires secs comme les pâtes et la farine ainsi que les articles d’hygiène qui ont connu pour ces deux dernières catégories de nombreuses ruptures de stock.

En revanche, les produits vendus en vrac, les produits cosmétiques et les services de traiteur et fromagerie à la coupe ont accusé des baisses de chiffre d’affaires dans 35 à 73% des magasins bio concernés par l’enquête.

Autres produits qui ont tiré leur épingle du jeu en cette période de crise, surtout au début du confinement : les compléments alimentaires ! Sont notamment concernés les produits visant à renforcer les défenses naturelles comme les extraits de pépins de pamplemousse, l’acérola, la gelée royale ou encore les huiles essentielles.

Une hausse notable des ventes en ligne

Selon une étude menée par Kantar, 20% des foyers français ont fait leurs courses en ligne, contre 11% le mois précédent le confinement.

Cette tendance a poussé naturellement les distributeurs, surtout les enseignes bio spécialisées, à renforcer leur stratégie e-commerce globale et à miser sur une efficacité plus poussée de la vente omnicanale.

Les magasins bio ont ainsi vu leurs ventes en ligne décoller durant ces dernières semaines. Les mesures de sécurité et de distanciation sociale encore en vigueur actuellement devraient logiquement maintenir cette tendance encore pendant quelques mois avec une augmentation du recours au drive et au service de click and collect.

Distribution bio : les tendances à venir

Avec le déconfinement progressif, les ventes de produits bio autres que l’alimentaire sec ou les produits d’hygiène devraient rapidement connaître un retour à la normale.

Le secteur des compléments alimentaires et notamment ceux pour renforcer l’immunité devraient quant à eux naturellement continuer leur croissance en prévention du virus et du risque de contagion.

En revanche, les catégories de produits ayant connu une baisse comme la vente en vrac devraient par contre continuer à décliner. Là où le zéro emballage était plébiscité avant le confinement, on devrait assister à un retour d’engouement pour les produits emballés. La crise économique qui se profile aura aussi un impact plus ou moins prononcé sur le budget alloué pour la consommation de produits bio.

Selon Sauveur Fernandez, le locavorisme devrait avoir de beaux jours devant lui dans les prochaines semaines et les prochains mois ! Les foyers français ont en effet privilégié les producteurs locaux pendant le confinement, et ces derniers ont fait évoluer leurs services en proposant davantage d’outils pour se faire connaître et faciliter les ventes.

Ces innovations mises en place devraient logiquement se poursuivre, voire se renforcer, tout comme l’envie de cultiver soi-même ses fruits et légumes pour acquérir davantage d’autonomie alimentaire chez les foyers qui en ont la possibilité.

Source: Bio Linéaires n°89 Mai/juin 2020


Articles récents dans la même catégorie

+

Inscrivez vous à notre newsletter

Vous acceptez de recevoir nos derniers articles par email
Vous affirmez avoir pris connaissance de notre Politique de confidentialité.