Bio et importations : une campagne de discrédit ne remplace pas une vision d’avenir de l’agriculture

4 avril 2017

Engagés dans une guerre commerciale contre la banane bio, les professionnels Antillais de la banane conventionnelle, rejoints il y a peu par les coopératives du secteur des fruits et légumes, mettent en cause depuis plusieurs semaines la certification des produits bio en pays tiers.

Leurs attaques qui visent non seulement les opérateurs de la bio mais aussi toute la chaîne de contrôle ‐ certificateurs, organismes d’accréditation, répression des fraudes et Commission européenne ‐ sont particulièrement graves. Dans ce contexte, le SYNABIO tient à rappeler un certain nombre de faits.

Les produits bio importés en Europe respectent des cahiers des charges apportant des garanties équivalentes à la règlementation bio qui s’applique aux producteurs européens. A ce titre, seuls des traitements naturels d’origine minérale, végétale ou animale ou des préparations de microorganismes peuvent être utilisés en pays tiers. Cette exigence fait l’objet de contrôles réalisés au moins une fois par an chez les producteurs par des organismes certificateurs indépendants. Ces organismes sont eux‐mêmes audités une fois par an par leurs organismes d’accréditation, le tout sous la supervision de la Commission Européenne.

Campagne publicitaire de l’UGPBAN affichée lors du Salon de l’Agriculture 2017

Dans le cas de la banane bio de République Dominicaine, il se trouve que certains traitements naturels, comme les préparations à base d’ail fermenté, de plantes tropicales ou de pépins d’agrumes, n’ont pas d’autorisation de mise sur le marché en Europe.

Peut‐on pour autant parler sérieusement d’une « concurrence déloyale pour la banane Antillaise » alors même que ces produits respectent les principes de la bio ?

L’argument est d’autant plus absurde qu’il n’y a jamais eu de réelle volonté de développer la banane bio aux Antilles. Qu’il s’agisse de recherche, d’homologation de traitements naturels, de contribution à la rédaction d’un cahier des charges ou de soutien aux quelques pionniers qui ont fait seuls le choix de la bio, rien n’a été entrepris pour encourager l’agriculture biologique dans ces territoires. Ainsi, en dépit de réels efforts pour réduire l’usage des pesticides, des substances chimiques de synthèse sont toujours utilisées dans les bananeraies de Guadeloupe et Martinique.

Ce modèle suscite désormais une défiance croissante des consommateurs et la bio leur propose une alternative crédible et rigoureuse, portée par des acteurs dont l’engagement est illustré ci‐après. Nous n’avons qu’un souhait : que les producteurs de bananes des Antilles s’en saisissent au lieu de l’attaquer sans fondement sérieux.

Le SYNABIO est prêt à contribuer avec tous les acteurs qui le souhaitent – producteurs et leurs groupements, organismes de développement agricole, instituts techniques et de recherche, opérateurs économiques et organismes certificateurs – au développement de la banane bio aux Antilles.

Lire le communiqué de presse

SYNABIO : Charles Pernin (06 13 40 29 92)
BROCHENIN : Diego Garcia (06 07 04 99 75)


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