La genèse de la Bio

26 juillet 2017

Au mois de janvier dernier, est paru un état des lieux sur l’alimentation bio et durable, sous la forme d’un e-book. Cette analyse d’une centaine de pages, rédigée par la journaliste Sonia Eyaan, met en exergue le témoignage de 36 co-auteurs : scientifiques, experts et professionnels des filières de la Bio. Natexbio vous propose une synthèse des quatre grandes thématiques qu’il développe, à commencer par l’émergence de la Bio, passée en un siècle du stade de mouvement contestataire à celui de filière structurée et dynamique

L’âme de la Bio : face au bilan de deux guerres mondiales

Filières en plein développement, efforts de structuration et insolente croissance à deux chiffres… les résultats visibles obtenus par les acteurs de la Bio depuis un peu plus de trois décennies sont aussi le fruit de la détermination de précurseurs, mobilisés dès le début du vingtième siècle contre l’émergence de pratiques destructrices des écosystèmes.

Pratiques agricoles héritées du champ de bataille

Chacun des grands conflits mondiaux du 20e siècle a en effet posé les bases de l’industrialisation de l’agriculture. À partir des années 1920, la faim justifiant les moyens, l’agrochimie prend le dessus sur l’humus, permettant la rentable conversion des usines d’explosifs à base de nitrates et l’utilisation agricole de gaz de combat, annonciateur du développement futur des pesticides.

Au lendemain de la seconde guerre, les programmes d’aide au développement de l’agriculture industrielle se multiplient. Sous couvert de sécurité alimentaire et à grand renfort de remembrements, de génétique et de chimie, la France agricole se lance dans la course à la productivité et aux parts de marché. Une politique que vient sceller l’adoption de la PAC par les pays européens, en 1962.

Les lanceurs d’alerte de l’agriculture biologique

Face aux mirages de ce système productiviste, des consciences se sont aussitôt levées, pour en dénoncer les abus et dangers. Leur engagement initial a posé les fondations de l’édifice actuel de la Bio. Sans être exhaustif, il faut évoquer la revue « La Vie Claire », créée en 1946 par Henri Charles Geffroy, puis la création de l’AFRAN (Association Française pour une Alimentation Normale) et de l’AFAB (Association Française d’Agriculture Biologique), en 1954. La quatrième référence majeure est l’association Nature et Progrès, à laquelle on doit le premier cahier des charges mondial de l’agriculture biologique, en 1968.

Virage bio : un soutien politique pour une filière d’avenir

Il faudra attendre la fin des années 1980 pour que le travail porte ses fruits et que le thème de l’agriculture biologique soit enfin admis dans les débats officiels, en particulier à l’occasion de la réforme de la PAC, en 1992. Les politiques prennent progressivement acte de la popularisation des enjeux du changement climatique et de l’émergence d’un marché prometteur. Marque de son succès, la filière Bio a obtenu la mise en place de mesures propices à son essor.

Le Grenelle de l’Environnement, en 2007, a été suivi du lancement du plan Ecophyto en 2008, d’un triplement des surfaces agricoles en 2012 et du programme « Ambition bio 2017 » en mai 2013. Une séquence favorable donc, à interpréter comme la reconnaissance d’un mouvement de fond et non d’un simple effet de mode. Sachons le voir, mais sans être dupe, encourage l’auteur, Sonia Eyaan : « Les hommes d’Etat d’aujourd’hui comme ceux d’hier ne sont ni magnanimes par excès ni écologistes par excès. Au-delà des inquiétudes sur le changement climatique, sur la gestion durable de la biodiversité ou sur l’accès à l’énergie, c’est bien le soutien à un marché fructueux, en devenir, dont il s’agit ici. »

Par A de Sansal

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