Perspective Bio 2030, les enjeux de demain aux journées B.I.O. N’Days

10 avril 2018

Pour sa 5ème édition, B.I.O. N’Days s’est tenu les 4 et 5 avril à Valence. Un événement prospectif qui a réuni plus de 200 professionnels de la Bio souhaitant anticiper les développements de la filière à moyen et long terme.

« Le bio en 2030 ! – quels consommateurs seront les générations Z et Alpha ? ». Telle était la thématique de B.I.O. N’Days cette année. Le Cluster Bio, organisateur de l’événement, a en effet commandité au réseau européen Nova Child, une étude exclusive sur ce que sera le « Bio chez les 18-24 ans en 2030 ».

 

Véritable fil rouge de ces deux jours, les jeunes et leurs attentes doivent être pris en compte pour les innovations de demain. Nés dans un contexte de préoccupations écologiques majeures, les enfants de 7 à 14 ans ont tous – ou presque (à 92%) – déjà entendu parler du bio. Ils maîtrisent même très bien les grands principes du bio en théorie et savent identifier un produit bio grâce au logo AB pour 62% d’entre eux. La construction de cette connaissance se fait majoritairement dans les foyers (71%). Ce qui explique que si la perception du bio par les enfants est globalement bonne (89%), l’idée du bio plus cher reste encore aujourd’hui le premier vecteur transmis par les parents (88% des enfants le pense). Cette étude montre aussi que les enfants parfois dépassés par les considérations trop complexes du bio semblent se préoccuper plus facilement des questions de réduction des déchets et de recyclage.

Le Cluster Bio a également profité de ces journées pour faire un point à date sur les différents scénariis pour le bio à horizon 2025 qui avaient envisagés il y a 4 ans. Parmi les 4 scénariis prospectifs qu’étaient le « Bio Partagé », le « Bio Gagnant », le « Bio Business » et le « Bio Dilué », c’est le scénario « Bio Partagé » qui semblerait le plus proche du contexte actuel. Ce scénario décrivait en effet la confirmation de la Bio comme tendance forte mais laissant place aussi à un fort engouement pour le local conventionnel et des démarches engagées alternatives des acteurs de l’alimentation.

C’est ce que confirmait le témoignage d’Eric Farino, responsable filière bio de Carrefour, pour qui le bio ne constitue qu’une alternative parmi d’autres, malgré les ambitions de développement annoncées. Intervenant lors d’une table ronde sur les « modèles pour consolider et sécuriser les approvisionnements », celui-ci a en effet pu illustrer comment la grande distribution investissait aujourd’hui dans les filières bio (et locales) pour doubler son offre bio d’ici à 5 ans.

Avec des perspectives florissantes pour le marché bio demain, B.I.O. N’Days a été aussi l’occasion de soulever des enjeux majeurs pour la filière. Outre celui des approvisionnements, les participants ont pu réfléchir aux enjeux d’innovation (quels lieux innovants utiliser pour transformer ou distribuer ? comment intégrer le consommateur dans le processus de création ? jusqu’où doit aller l’innovation dans les ingrédients biologiques ?…), mais aussi aux enjeux marketing (quelle perception des labels cosmétiques ? comment valoriser ses produits lors de vente en vrac ?…). Des échanges qu’auront apprécié les nombreuses start-ups présentes aux B.I.O. N’Days.

Par Gaëlle Fremont (Crédit Photo Ingrebio)

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