Le marché des textiles biologiques et écologiques ne cesse de progresser, porté par la prise de conscience croissante des consommateurs, informés des risques que les textiles conventionnels font peser sur la santé et sur l’environnement.

Des consommateurs éco-responsables

Les consommateurs ont continué d’appuyer l’utilisation du coton biologique et d’autres fibres durables, tandis que les marques et les détaillants ont maintenu, voire augmenté leurs engagements à faire de leurs gammes des produits plus durables en continuant d’accroître leur utilisation de ces fibres et procédés de fabrication plus sûrs.

En effet, la production biologique est fondée sur un système de culture qui soutient et régénère la fertilité du sol sans l’utilisation de produits toxiques, de pesticides persistants et d’engrais ou de semences génétiquement modifiées.

Les éco-textile et les fibres naturelles

Les fabricants du textile cherchent à se tourner vers les énergies renouvelables pour modifier leurs matières premières et promouvoir les “éco-textiles” et dans le meilleur des cas, en unissant le bon design à une fabrication éthique. La composition des textiles est en pleine mutation et les vêtements écologiques fleurissent.

Les tissus alternatifs ne se limitent pas au déjà très populaire coton bio et les alternatives permettant de réduire l’impact environnemental de l’industrie textile, qui reste l’une des plus polluantes, sont nombreuses : bambou, chanvre, ananas, paille de riz, maïs fermenté ou déchets agricoles comme les plumes de poulet.

L’utilisation du coton bio

La culture du coton biologique tient compte des ressources naturelles. Elle n’admet ni engrais chimique, ni pesticides, ni OGM. Les pesticides naturels sont de mise : urine de vache, piège à phéromones… Le coton bio est fertilisé avec des engrais organiques tels que le fumier et le compost. Les sols se renouvellent plus facilement et les espèces animales ne sont pas menacées. Des millions litres d’eaux sont épargnés car les producteurs ne pratiquent pas d’irrigation intensive… La transformation se fait quant à elle au moyen de produits biodégradables et le mécanisme de rétrécissement est mécanique.

« Les effets négatifs connus sur la santé et l’environnement qui découlent de la culture conventionnelle du coton n’apparaissent pas avec la culture bio. En économisant les frais élevés que représente l’achat de pesticides et d’engrais, le risque financier que prennent les paysans diminue aussi fortement.  »  » Les bonnes raisons d’acheter du coton bio « , Helvetas

Enfin le coton bio est anallergène du fait de l’absence de produits chimiques dans sa fabrication.

La garantie de la certification

Le marché des éco-textiles est récent. Le premier coton certifié biologique est arrivé sur le marché au début des années 1990, et la demande a augmenté de manière importante depuis 2000. Depuis plusieurs écolabels textiles sont apparus.

Ecocert inspecte les entreprises textiles et contrôle les textiles afin de garantir leur caractère biologique ou écologique. Pour cela, Ecocert propose trois certifications textiles :

  • GOTS (Global Organic Textile Standard) pour une responsabilité sociale et environnementale.
  • OE (Organic Exchange) pour garantir la traçabilité des textiles en coton biologique.
  • Textiles Ecologiques et Recyclés (Référentiel Ecocert) pour revendiquer la qualité écologique.

La culture du coton est la plus polluante du monde. Elle absorbe 25% des pesticides pour seulement 2,5 % des surfaces cultivées de la planète. Elle intoxique 1 million de personnes chaque année (OMS). Et elle est la troisième culture consommatrice d’eau. De bonnes raisons pour préférer le coton bio.

Le cotonnier a besoin de chaleur (25°-35° pendant 150 jours) ainsi que de beaucoup de soleil et d’eau, surtout pendant la floraison. Dans de nombreux pays d’Afrique, la culture du coton ne bénéficiant que de l’eau de pluie, la récolte annuelle ne dépasse pas 400 à 600 kilos de coton brut par hectare. Mais les pays industrialisés qui pratiquent la culture intensive du coton avec des engrais chimiques et des champs irrigués récoltent plus de 3 tonnes de coton brut par hectare selon Helvetas, première organisation privée suisse de coopération au développement.  » A l’échelle mondiale, la récolte totale s’élève à quelque 25 millions de tonnes de fibre par an, ce qui représente 60 milliards de T-shirts  » précise Helvetas.

A l’échelle mondiale, l’irrigation concerne 55 % des surfaces cotonnières qui fournissent les trois quarts de la récolte mondiale ; 30 % des surfaces cotonnières sont irriguées en Inde, 43 % aux Etats-Unis, 75 % en Chine.

La culture cotonnière est la troisième culture la plus consommatrice d’eau d’irrigation, après le riz et le blé, mais avant le maïs et les fruits et légumes . Environ 5 263 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1 kg de coton.

Outre le gaspillage de l’eau, la culture de cette plante nécessite énormément d’engrais et de pesticides. Les produits chimiques ont longtemps été la solution universelle aux problèmes posés par les insectes. Certains d’entre eux développent même des résistances à leur action. Malgré cela, dans certains pays, on continue à pulvériser beaucoup d’insecticides sur les champs de coton, jusqu’à 20 traitements par an.

Par ailleurs, les usines textiles rejettent leurs eaux usées et contaminent ainsi les eaux de surface et souterraines. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, cette culture serait responsable de 22 000 morts par intoxication chaque année.

Dans de nombreux pays producteurs, les agriculteurs se tournent vers la lutte  » intégrée  » qui cumule plusieurs techniques à la fois pour réduire l’emploi des insecticides. Ce qui explique en partie le succès des cotonniers génétiquement transformés pour résister aux chenilles de la capsule, d’après le CIRAD. 80% du coton cultivé aux USA est génétiquement modifié (OGM )

Une fois le coton récolté, ses fibres sont lavées, filées puis blanchies, notamment au chlore. Le coton est ensuite teinté à l’aide de métaux lourds comme le plomb et le chrome. Or, ces substances peuvent provoquer des cas de cancers et de saturnisme. Pour finir, le tissu doit encore subir d’autres traitements chimiques, dont fait partie le cyanure, qui le rendront par exemple imperméable ou infroissable.

  • Le lin: considéré comme le plus vieux textile du monde, frais et solide on lui prête des vertus thérapeutiques et anti-stress : le lin diminue la température et la tension musculaire. Sa culture, bien que moins polluante que d’autres plantes, appauvrit le sol pour quelques années.
  • Le coton: Le coton est une fibre végétale qui entoure les graines des cotonniers « véritables » (Gossypium sp.), un arbuste de la famille desMalvacées. Cette fibre est généralement transformée en fil qui est tissé pour fabriquer des tissus. Le coton est la plus importante des fibres naturelles produites dans le monde. Depuis le xixe siècle, il constitue, grâce aux progrès de l’industrialisation et de l’agronomie, la première fibre textile du monde (près de la moitié de la consommation mondiale de fibres textiles).
  • Le chanvre: cette fibre textile fait son come back grâce aux créateurs comme Giorgio Armani, etKanabeach. Cultivé en grande quantité en raison de sa capacité d’absorption du CO2, le chanvre pourrait trouver un champ d’applications prometteur dans le domaine du textile. Très solide, il a des qualités proches du lin.  (voir la laine de chanvre)
  • L’ortie: utilisée depuis des siècles dans l’élaboration du textile et de la teinture, la tige de l’ortie est une fibre textile d’excellente qualité dont on fabriquait autrefois cordes et toiles. L’agence italienne de recherche et de développement Grado Zero Espace vient de fabriquer un textile à partir de l’ortie. La fibre creuse de l’ortie offre des qualités particulières en matière d’isolation thermique: elle emprisonne l’air dans le textile. Unepropriété naturelle qui peut être exploitée et maîtrisée par la torsion des fibres. En tordant les fibres, on en évacue l’air. L’étoffe devient plus fraîche, estivale. L’ortie offre une alternative intéressante aux cultures traditionnelles: en tant que plante vivace, sa culture ne nécessite aucun produit polluant.

  • La laine:  en principe tondue sur l’animal vivant : chèvre, mouton, lama, elle est comme nos cheveux, essentiellement composée de kératine. Bon isolant thermique, la laine régule l’humidité et laisse respirer la peau. Il faut la choisir en pure laine vierge non traitée.
  • La soie: matériau filamenteux ; elle est secrétée par les lépidoptères pour confectionner leur cocon, et est composée d’une enveloppe de séricine (25%) entourant la fibroïne (75%). La soie est chaude l’hiver, légère l’été et agréable au toucher.La légende veut que sa découverte2700 av JC ait été faite la femme d’un l’empereur chinois qui voulait se débarrasser des vers qui en mangeaient les feuilles de ses mûriers.

  • Ingeo:  la société américaine Nature Works a mis au point le procédé de fabrication de fibres baptisé « Ingeo », basé sur la fermentation, la distillation et la polymérisation (union de plusieurs molécules) du sucre issu du maïs.Le sucre fermenté permet de créer des molécules d’acide lactique qui sont ensuite chauffées et traitées chimiquement afin de produire un polymère à base « d’acide polylactique », le PLA. Il présente de grandes vertus biocompatibles et biodégradables, il est aussi résistant aux tâches et réagit bien à l’humidité. Aujourd’hui, on cherche à industrialiser sa fabrication et à décliner son utilisation aussi bien dans le domaine de l’ameublement que de la mode. A suivre car il resterait encore récalcitrant au fer à repasser…
  • Le bambou: La toile de bambou présente de nombreuses qualités : tissu respirant léger à porter, naturellement anti-bactérien, propriétés anti-odeurs et anti-UV… Biodégradable et recyclable, la fibre régénérée de bambou est d’une douceur exceptionnelle. C’est la poudre de bambou qui permet de réaliser la viscose. Autre avantage du bambou : sa pousse extrêmement rapide permet d’optimiser les rendements, sa rusticité d’éviter les pesticides et ses racines profondes de bloquer l’érosion des sols.Un bon point également dans la lutte contre la déforestation, puisque plus on utilisera le bambou, moins on coupera de résineux ou de feuillus qui ont eux, une croissance très lente. Le bambou nécessite quatre fois moins d’eau que le coton pour sa culture.
  • Plumes de poulet: un laboratoire de l’université Lincoln du Nebraska a mis au point un procédé pour fabriquer des fibres ressemblant à la laine à partir d’un mélange de plumes de poulets et de paille de riz.Une manière intéressante de recycler une partie des déchets agricoles.
  • Les algues: le SeaCell® est une fibre spéciale fabriquée selon le procédé dit Lyocell, à partir d’algues et de cellulose. Issue du traitement d’une pâte de bois, le Lyocell est une nouvelle fibre qui apporte un confort maximum. D’origine naturelle le Lyocell est respirant, absorbant, confortable et très esthétique. Il est également infroissable. La structure ouverte et poreuse de la fibre SeaCell® favorise l’absorption et l’évacuation d’humidité lorsque le vêtement est porté. Les substances renfermées par les algues ont des propriétés anti-inflammatoires, calment les démangeaisons et distillent calcium, magnésium et vitamine E.Autant de vertus et de principes actifs que les algues conservent pendant la fabrication du fil. Leurs principes actifs restent incorporés dans le tissu, même après le lavage.
  • Plastique recyclé: Récupérer les sacs plastiques puis les transformer en sacs, chaussures, vêtements ou accessoires de mode selon les méthodes de tissage traditionnelles c’est par exemple l’objectif du Gafreh, un collectif de groupements de femmes pour la relance économique du Houet auBurkina Faso.

Sources: Synabio, BiolinéairesHelvetas, Consoglobe, WWF, Textile Exchange, CNRS, CIRAD, OMS